Mayotte : 1 an après… l’urgence au quotidien

Publié le par François RESNAIS − Mis à jour le

Un an après le cyclone Chido (14 décembre 2024), Mayotte ne tourne pas la page : elle vit encore dans le “pendant”. Bâtiments scolaires pas remis en état, pannes et fuites à répétition, installations provisoires qui durent, port encore marqué par les carcasses de bateaux. Et, à la rentrée 2025, un choc inédit s’est ajouté au reste : des personnels qui travaillent… sans être payés.

[Reportage SNPDEN | Novembre 2025] — À Mayotte, l’École tient parce que les équipes tiennent. Mais cette résistance a un coût. Et ce coût devient une question nationale : combien de temps peut-on demander aux établissements et aux personnels de compenser ce que l’État et les infrastructures n’arrivent plus à assurer ?

Des EPLE en “mode dégradé” devenu normal

Dans les établissements, tout se lit à hauteur d’homme : couloirs, salles, toitures, réseaux. Un an après, la reconstruction avance. Mais elle avance à pas comptés, et l’écart reste grand entre l’annonce d’un retour à la normale et le quotidien des équipes.
Les chiffres eux-mêmes disent l’ampleur de la blessure : près de 40 % des établissements scolaires auraient été détruits ou endommagés après Chido, aggravant une situation déjà critique.
Dès janvier 2025, la rentrée s’était organisée au forceps : fermetures, locaux inaccessibles, établissements encore utilisés comme lieux d’hébergement, dispositifs de rotation des élèves. Et à la rentrée suivante, en août 2025, l’AFP évoquait encore une “rentrée en chantier”, certains établissements n’étant “pas encore tous opérationnels”.
Ce que l’on constate aujourd’hui, ce n’est pas seulement une addition de “petits dysfonctionnements”. C’est une mécanique d’usure : un plafond qui fuit, ce n’est pas un incident isolé ; c’est une séance déplacée, une sécurité à garantir, une équipe qui improvise, un service de maintenance saturé. Et quand cette situation dure, elle pèse sur tout : continuité pédagogique, climat scolaire, attractivité des postes, santé au travail.

La crise des ressources humaines : l’académie des contractuels

Mayotte est confrontée à une fragilité structurelle des ressources humaines, et Chido n’a fait que la rendre plus visible. À l’échelle du territoire, la DEPP souligne un recours massif aux non-titulaires : 40,5 % des enseignants à Mayotte sont non titulaires, un niveau sans équivalent en métropole, selon la DEPP.
Sur le terrain, le constat est encore plus tranchant dans le second degré : plusieurs sources syndicales et locales, confirmées par le rectorat, évoquent plus de 60 % de contractuels dans les effectifs des écoles, collèges et lycées. Ce chiffre n’est pas seulement un indicateur RH : il décrit une organisation fragilisée, des équipes qui se renouvellent trop vite, des recrutements dans l’urgence, des besoins de formation permanents, et une difficulté à stabiliser des collectifs professionnels. Or un établissement ne se “répare” pas seulement avec du béton. Il se reconstruit aussi par la stabilité des équipes, la mémoire des procédures, la confiance avec les familles, et un encadrement capable de tenir le cap malgré l’imprévu.

Travailler sans salaire : la rupture de confiance

La rentrée 2025 a ajouté un choc moral et matériel majeur : la paie qui n’arrive pas. Fin octobre 2025,on constatait encore des non-paiements ou versements partiels touchant d’abord les contractuels, mais aussi des titulaires et des personnels administratifs. Le rectorat évoquait plus de 250 personnes concernées, les syndicats plus d’un millier. Le sujet est remonté au niveau parlementaire, via une question écrite évoquant des retards “depuis la rentrée 2025”, parfois “plus de trois mois”. Cette crise n’est pas un détail de gestion : à Mayotte, elle frappe le cœur du système parce qu’elle touche prioritairement les contractuels — donc une part décisive des équipes dans le second degré — et place les personnels face à une contradiction insoutenable : tenir l’École, sans pouvoir tenir son propre foyer. Les explications avancées renvoient à une chaîne administrative fragilisée : bascule vers un système de paie intégré, circuits de validation lourds, “moindre anomalie” bloquante, services déjà sous-dimensionnés. À cela s’ajoute un facteur aggravant : le renouvellement important des personnels au rectorat, quand il est subi et sans transmission suffisante. Ce ne sont plus des “ratés” isolés : c’est un système sous tension permanente, où l’urgence écrase la fiabilisation.

Violences persistantes : quand l’établissement devient un lieu à protéger avant d’enseigner

À cette instabilité matérielle et administrative s’ajoute un climat social dégradé : tensions, caillassages, blocages, évacuations ponctuelles, inquiétudes sur les trajets et les abords des établissements. Nos collègues perdirs font clairement état de violences en milieu scolaire ou autour des transports, et de mesures administratives prises contre certains auteurs. Ils sont aussi, plus ponctuellement, eux-mêmes victimes de ces agressions et de ces actions violentes : un de nos collègues en a malheureusement été la victime en début d’année scolaire avec une agression et un vol sous la menace de la machette locale, le chombo. On ne peut pas demander aux équipes de porter simultanément la réparation du bâti, la continuité pédagogique, la prise en charge d’élèves parfois fragilisés, et la sécurisation quotidienne, sans que l’État mette à niveau la réponse — au bon niveau, et dans la durée. Nous avons ainsi plaidé de nouveau pour des brigades de renfort telles que celles mises en place après la catastrophe (Plus de 150 perdirs métropolitains avaient rejoint l’île pour accompagner les équipes sur place) ou encore l’installation d’une cellule de rentrée en coopération avec des académies métropolitaines afin d’absorber la masse de travail administratif lors des rentrées scolaires, par exemple.

Les stigmates visibles : “un an après” jusque dans le port

Mayotte porte encore les traces physiques de Chido. Au port de Mamoudzou, des carcasses de bateaux coulées et abandonnées ou encore les monticules de déchets métalliques entreposés en plusieurs endroits de l’île avant d’être compactés en ballots près de Mamoudzou ont été décrites comme les stigmates les plus visibles de la catastrophe. Même si des opérations de retrait sont engagées, leur lenteur raconte aussi ce que vivent les établissements : tout prend du temps, tout dépend d’une logistique lourde, et l’exception devient routine.

“On ne gère plus Mayotte, on doit la refonder”

Le SNPDEN-UNSA alertait dès décembre 2024 : la situation était “catastrophique” et appelait à une solidarité immédiate (nous avions, il y a un an, lancé une cagnotte de solidarité qui avait permis de faire un don de près de 15 000 € à la section locale du SNPDEN). Un an après, la solidarité demeure. Mais elle ne suffit plus. Ce qui manque, ce sont des garanties concrètes :

  • Garantir la paie, immédiatement et durablement : régularisations, acomptes automatiques en cas d’incident, chaîne de traitement renforcée (effectifs, formation, pilotage).
  • Accélérer la remise à niveau du bâti scolaire avec une logique de résultat, établissement par établissement : sécurisation, réseaux, maintenance, transparence sur l’avancement.
  • Stabiliser les équipes : quand le second degré repose autour de 60 % sur des contractuels, aucune politique éducative ne tient sans fidélisation, attractivité, accès aux concours, conditions d’installation dignes.
  • Agir sur le climat scolaire et la sécurité avec des moyens adaptés : prévention, encadrement, partenariats, sécurisation des transports.

L’UNSA Éducation parle d’un besoin de “plan global” : Mayotte n’a pas besoin d’une succession de rustines, mais d’une stratégie interministérielle cohérente, lisible, financée, évaluée. Mayotte, un an après Chido, nous renvoie une question simple et implacable : veut-on que l’École reste un “refuge” qui compense tout, ou veut-on enfin lui donner les moyens d’être… une école ?


[ARCHIVE : La catastrophe | Chido, 14.12.2025]

Dernières actualités

Scolarité à Mayotte : aménagement des examens en juin 2025
Afin de tenir compte des conséquences du passage du cyclone Chido et de la tempête tropicale Dikeledi sur l’organisation scolaire et après échanges entre les organisations syndicales, la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) du ministère et l’Inspection générale de l’enseignement, du sport et de la recherche (IGESR), Élisabeth Borne, ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a décidé d’aménager les examens que passeront en fin d’année les élèves de l’académie de Mayotte.
➡️Le communiqué de presse | 10.02.2025

Une rentrée scolaire le 20 janvier pour les personnels, le 27 janvier pour les élèves
La rentrée administrative s’est déroulée la semaine dernière afin de préparer, à partir du 27 janvier, l’accueil des élèves dans les conditions adaptées à chaque établissement. 85 % des personnels du 1er degré et 75 % des personnels du 2nd degré sont présents. Pour le 1er degré, sur les 221 écoles, 176 ouvriront leurs portes et 45 écoles ne pourront pas rouvrir en raison des dommages trop importants. Chaque école a élaboré un plan de reprise adapté. Pour le 2nd degré, seuls quatre établissements pourront accueillir d’élèves dès le 27 janvier. À partir du 28 janvier, 18 personnels de direction volontaires issus d’autres académies viendront en soutien pour accompagner l’organisation de la rentrée scolaire. La ministre d’État se rendra à Mayotte les 30 et 31 janvier, aux côtés des familles, des personnels et des élus pour leur apporter son soutien dans cette phase de reconstruction et de reprise des enseignements. 
➡️ Le Ministère mobilisé
➡️ Le communiqué de presse   
➡️ L’organisation de l’accueil des élèves dans les établissements scolaires
➡️ Article actus sur Mayotte 1ère
➡️ Sélection de rapports sur la situation sociale, économique et environnementale de Mayotte avant le cyclone

➡️ Mayotte : Des mesures d’urgence pour les conditions de vie des personnels. UNSA Education 29.01.2025


Témoignages de collègues sur place

De nouveau et avec l’horreur de la répétition fatidique, Mayotte a été impacté par la tempête tropicale Dikeledi, moins d’un mois après le passage dévastateur du cyclone Chido.. Depuis, c’est de nouveau la désolation qui règne !
La rentrée administrative des personnels a été repoussée au lundi 20 janvier. Les retours des collègues sur place sont inquiétants face à une situation exceptionnelle. Le Rectorat de Mayotte s’organise et relaie des informations au Ministère. L’équipe du SNPDEN UNSA Mayotte est à la manœuvre et le siège est largement associé à plusieurs réunions au Ministère.

Le département français a été très durement touché par le cyclone Chido samedi 14 décembre. Depuis, c’est la désolation qui règne.
Les premiers constats sont terribles avec une destruction des habitats et des EPLE majeure. Ce sont également les manques d’eau, d’électricité, de nourriture qui font craindre des conséquences amplifiées des dégâts météorologiques.

8 jours après le déclenchement de l’alerte, le journal de notre secrétaire académique

⏰ Nous sommes le dimanche 22 décembre, il est 02h40… 

Ces derniers jours, l’actualité sur le terrain reste particulièrement dense et préoccupante :
Hier, j’ai interpellé le Directeur de Cabinet concernant la situation critique des collègues qui continuent à accueillir la population dans des établissements non sécurisés, où les ravitaillements sont insuffisants ou inexistants. Aucune présence et soutien des agents municipaux !
Une question cruciale se pose : est-ce réellement à nous de pallier systématiquement les défaillances des services de l’État ? Cette charge devient intenable et met nos collègues en danger. Collègues qui sont épuisés, qui craignent pour leur sécurité et qui sont inquiets.
J’ai ainsi demandé en urgence « l’exfiltration » d’une des nôtres, dans une situation particulièrement délicate.
Sachez que certaines familles avec enfants, personnel ayant des soins médicaux d’urgence, ou encore en détresse… peuvent être reconduits à la Réunion où ils doivent, ensuite, se prendre en charge pour leur hébergement et/ou retour éventuel vers la Métropole. Quand on sait que la Réunion est en vacances depuis hier, je vous laisse imaginer le coût des hébergements ou des billets d’avion en cette période !
Et j’y pense à l’instant même où j’écris ces quelques lignes : c’est peut-être à cela que pourrait servir la cagnotte mise en place par notre syndicat pour les personnels ?
Par ailleurs, nous avons tous constaté avec une profonde déception le dernier tweet de notre Ministre, où nos contributions semblent invisibles pour ne pas dire l’existence même de notre propre corps. Cette absence de reconnaissance est une véritable blessure pour notre profession, alors que nous multiplions les efforts dans des contextes souvent chaotiques.
Sur un plan plus local, l’eau n’est toujours pas revenue dans mon village au moment où j’écris ces lignes (il est maintenant 3h20 du matin). Les approvisionnements dans les villages demeurent aléatoires tout comme l’accès à l’eau, l’électricité et le réseau.
Entre les problématiques professionnelles et les soucis personnels, les nuits sans sommeil (je pourrais m’appeler « Sans sommeil à Iloni » mais je ne recherche pas de mari ! ) deviennent monnaie courante.
Vous le devinez bien évidemment : écrire devient pour moi, un acte d’auto-préservation, un moyen de donner du sens à ce que je vis et à partager avec vous mes émotions.
Ce matin, à 6h30, nous allons tenter, avec ma fille, une expédition : faire des courses à Mamoudzou et retirer des espèces au seul distributeur automatique de billets situé à Kaweni. Pour cela, il faut s’armer de patience. Les files d’attente s’étirent, et il n’est pas rare d’attendre plus d’une heure. Un peu comme à Disneyland… sauf qu’ici, il n’y a ni château, ni Mickey pour égayer l’attente. Nous souhaitons juste ne pas devoir patienter trop longtemps.
Alors que depuis Chido, nous n’avions pas eu de pluie sur notre commune, à l’instant même, le tonnerre gronde et une pluie diluvienne s’abat sur nous, permettant, on l’espère, de remplir nos bacs posés sous les gouttières, que nous avons découpées en partie.
Je vous souhaite un bon dimanche et reviendrai certainement vers vous en fin de journée pour partager notre expédition, les défis auxquels nous avons dû faire face et, pourquoi pas, quelques anecdotes !

Daisy

Il y a 1 semaine, l’alerte orange était déclenchée, passant en rouge à 19h00 le soir…

  • Le réseau téléphonique et internet sont de nouveau opérationnels depuis cet après-midi, vendredi 20 décembre
  • Toujours pas d’eau au village d’Iloni… Cela commence à faire long ! Je rêve d’une bonne douche sous un pommeau !
  • Pour mon établissement, une entreprise a été mobilisée pour remettre en état les portails (7 sur les 8 que compte mon collège de plus de 1900 élèves) et la clôture endommagés. Aujourd’hui, les deux grands portails d’entrée, ainsi que le portail menant à notre jardin, ont été remis sur leurs rails. Nous remercions chaleureusement cette entreprise pour son efficacité et son professionnalisme.
  • 3 subventions d’urgence ont été notifiées (pour un montant d’environ 100 000 €) : gardiennage et achats de première nécessité (programmes 230 et 141). Là aussi, un grand merci au Rectorat  pour sa réactivité et son engagement exemplaire ! Un mail de remerciement à Monsieur Le Recteur et au Secrétaire Général s’impose !
  • En revanche, nous continuons de déplorer la lenteur des ravitaillements (eau potable et nourriture) pour la population du village !
  • Mayotte 1ère annonce, depuis hier, un bilan provisoire d’au moins 60 000 victimes, bien que ce chiffre n’ait pas encore été officiellement confirmé… Par ailleurs, une odeur de cadavres se fait sentir à proximité du plus grand bidonville de la région, Kawéni, témoignant de l’ampleur de la tragédie !

Malgré nos craintes et la préparation au pire, nous sommes profondément atterrés par l’ampleur de cette tragédie!

Une bonne soirée à toutes et tous !

6ème jour après le passage de Chido, le témoignage de notre secrétaire académique

  • de nombreux villages toujours sans eau, ni électricité, ni réseau téléphonique
  • dans le village d’Iloni, nous n’avons vu aucune prise en charge de la population qui reste livrée à elle-même pour :
    • aller chercher dans la colline l’eau à une source (hygiène et consommation)
    • essayer de récupérer dans les champs de quoi survivre
    • ramener du bois et des tôles pour reconstruire à nouveau leurs habitats précaires par peur d’être “décasés”
    • dans les logements, les hommes sont partis chercher de l’eau de mer pour les sanitaires 
    • les ordures qui n’ont pas été enlevées quasiment sur tout le territoire (crise sanitaire en vue !!!)
    • et des annonces, de plus en plus nombreuses mais non officielles, de milliers de victimes.
    • les compagnies aériennes qui abusent de la détresse des personnes. Une collègue devant partir dimanche avec un aller-retour Mayotte-Paris, a pu partir ce jour en avion militaire (problématique de santé) pour la Réunion mais a dû débourser un peu moins de 2 000 euros son aller Réunion-Paris-Montpellier ! Est-ce normal de profiter ainsi de la détresse des gens ?  

Nos états d’âme : 
– nous sommes épuisés
– nous sommes démunis
– nous sommes impuissants face à l’ampleur de cette situation mais nous là… Jusqu’à quand ?
– et, surtout, nous sommes reconnaissants pour tous les témoignages de soutien et de sympathie de nos collègues

Une bonne soirée à toutes et tous !


Au lendemain du cyclone, il nous a été très difficile de contacter nos collègues personnels de direction : les communications étaient très partielles et ne s’améliorent que très doucement, les recharges électriques étaient aléatoires et les préoccupations tournées vers les besoins essentiels.
Depuis ce samedi, on peut assurer que certains d’entre eux ont tout perdu ou presque : habitation détruite, environnement professionnel dévasté, nouvelles des personnels et des élèves minces.

Notre collègue secrétaire académique témoigne.

Mayotte face au cyclone Chido : entre dévastation et résilience
Le passage du cyclone Chido restera gravé dans la mémoire des Mahorais et dans celle de tous nos collègues comme un événement cauchemardesque. Pendant 3h30, ce samedi 14 décembre, Mayotte a été balayée par des vents violents et des pluies torrentielles.
Dès l’annonce de l’alerte orange, vendredi matin, nous nous sommes préparés : pas d’accueil des élèves pour une mise en sécurité des établissements scolaires et préparation des salles pour accueillir les populations dans le cadre du PAPS (Plan d’Accueil des Populations Sinistrées).
Mais, rapidement, la situation a basculé. Dès vendredi après-midi, l’eau a été coupée. Samedi matin, alors que le cyclone atteignait son apogée, le courant a disparu à son tour, plongeant les habitants dans une angoisse indescriptible.

Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de ma famille dans cette épreuve, mais je n’ose imaginer l’isolement et la peur qu’ont dû ressentir ceux qui étaient seuls.
Aujourd’hui, le constat est accablant ! Mayotte est méconnaissable : arbres déracinés, toitures arrachées, routes impraticables… Des familles entières sont privées d’eau, d’électricité, et de nourriture. La crainte des pillages plane sur nous, sur une population déjà traumatisée. Dans le secteur éducatif, les dégâts sont immenses : alors que mon établissement, situé à Dembéni, a été « relativement » épargné, d’autres ont été durement frappés. Le lycée du Nord est détruit à 75 % ; à Mamoudzou, le lycée Bamana a perdu son toit…

Face à cette catastrophe, notre hiérarchie fait ce qu’elle peut pour nous accompagner, mais les défis logistiques sont et seront nombreux. Le réseau téléphonique reste défaillant et, ce mardi matin, l’eau courante n’est toujours pas revenue dans de nombreux foyers.
Pourtant, malgré ce paysage de désolation, des élans de solidarité émergent. Une solidarité qu’il faudra suivre et surtout encadrer !

Nous, membres de la communauté éducative, restons mobilisés pour soutenir nos élèves, leurs familles, et reconstruire ensemble ce qui peut l’être.

Le cyclone Chido a mis en lumière la fragilité de notre île face aux catastrophes naturelles. Il est urgent que des moyens conséquents soient déployés pour venir en aide aux sinistrés et renforcer nos infrastructures. Mayotte ne doit pas être oubliée.
En tant que secrétaire académique du SNPDEN, je tiens à saluer le courage et la résilience de tous les acteurs éducatifs et de la population en ces heures sombres.
Ensemble, nous surmonterons cette épreuve !


Daisy BRABANT
Principale Zakia Madi – Dembéni

Logement du fils d’une de nos collègues

Les lieux d’hébergement après le cyclone

https://www.mayotte.gouv.fr/Actualites/Cyclone-CHIDO/Lieux-d-hebergements/Lieux-d-hebergements

Urgence : les associations de don

La solidarité pour les perdirs

Nous mettons en place une cagnotte à destination de nos collègues personnels de direction directement impactés. C’est aussi l’occasion d’organiser des collectes et des envois que nous effectuerons au départ de notre section de La Réunion.

Un contact privilégié pour les perdirs

✅ Un personnel de direction dédié pour les questions liées à Mayotte : 01 49 96 66 66
✅ Une adresse de courriel pour nous contacter spécifiquement : solidarite.mayotte@snpden.net


Mayotte : une île à la beauté fascinante

En octobre 2024, nous étions à la rencontre de nos collègues mahorais. Occasion de découvrir une île totalement tiraillée entre ses attraits naturels et ses problématiques sociales.

Notre article de Direction [mars 2023]

Engagé pour l’environnement : compensation de l’impact carbone de notre site internet En savoir +